Le Maroc possède l’un des meilleurs réseaux ferroviaires d’Afrique — et la plupart des primo-visiteurs l’ignorent. Le pays exploite la première ligne à grande vitesse du continent, l’Al Boraq, qui relie Tanger à Casablanca en environ deux heures dix, ainsi qu’un maillage de trains classiques confortables reliant Rabat, Fès, Meknès et Marrakech. Les billets sont peu chers, les gares sont modernes, et la vue depuis une place côté fenêtre — oliveraies, contreforts de l’Atlas, villages blanchis à la chaux — est à elle seule un temps fort du voyage.
Ce guide explique comment fonctionnent réellement les trains au Maroc : où va le réseau (et où il ne va pas), comment acheter des billets, ce que valent vraiment la première et la seconde classe, et quelques habitudes sereines qui rendent les journées de gare sans effort. Prendre le train ici n’est pas une aventure à affronter — c’est vraiment l’une des façons les plus simples de découvrir le pays.
Al Boraq : le premier train à grande vitesse d’Afrique
Lancé en novembre 2018, l’Al Boraq relie Tanger et Casablanca via Kénitra et Rabat, atteignant 320 km/h sur son tronçon à grande vitesse. Tanger–Rabat prend environ une heure vingt ; le trajet complet jusqu’à Casablanca dure à peu près deux heures dix — un parcours qui demande cinq à six heures par la route. Les trains sont modernes, climatisés et entièrement réservés, avec une voiture-bar et des sièges confortables dans les deux classes. Si votre itinéraire touche le corridor Tanger–Casablanca, c’est ainsi qu’il faut le parcourir. Beaucoup de visiteurs arrivant par ferry depuis l’Espagne descendent du bateau et montent dans l’Al Boraq le même après-midi.
Où vont les trains — et où ils ne vont pas
L’opérateur national est l’ONCF (Office National des Chemins de Fer), et son réseau dessert la plupart des villes que les voyageurs visitent réellement :
- Casablanca–Marrakech : des trains classiques confortables, environ trois heures, tout au long de la journée.
- Casablanca/Rabat–Fès : via Meknès, environ trois heures et demie à quatre heures depuis Casablanca — un beau trajet à travers champs et collines vers l’ancienne capitale impériale de Fes.
- Tanger–Casablanca : la ligne à grande vitesse Al Boraq décrite ci-dessus.
- Casablanca–Oujda : la longue ligne de l’est, avec une option de nuit en couchettes.
Tout aussi important : là où les trains ne’ vont : il n’existe aucune ligne ferroviaire vers Chefchaouen, Essaouira, Agadir ou le Sahara. Pour ces destinations, vous passerez aux bus ou aux taxis collectifs — nous y revenons plus bas. Organisez votre itinéraire autour de la colonne vertébrale ferroviaire (Tanger–Rabat–Casablanca, puis les branches vers Marrakech et Fès) et tout le pays s’ouvre proprement.
Billets, classes et tarifs
L’achat des billets est simple : utilisez le site ou l’application de l’ONCF, les automates en gare ou les guichets (le personnel des grandes gares parle généralement français et assez d’anglais pour vous aider). Les tarifs sont agréablement bas — comptez environ 100 à 150 dirhams (soit 10 à 15 $) en seconde classe entre Casablanca et Marrakech, et autour de 200 à 350 dirhams pour l’Al Boraq selon la classe et le moment de la réservation. La première classe vous garantit une place assise dans une voiture plus calme et plus spacieuse pour à peine plus cher ; sur les lignes classiques fréquentées, cela en vaut la peine, car la seconde peut se remplir les week-ends et les jours fériés. Dans l’Al Boraq, les places sont réservées dans les deux classes : vous pouvez donc simplement choisir celle qui convient à votre budget.
Ce que l’on ressent à bord d’un train marocain
Détendu, pour l’essentiel. Le train est une tranche de vie marocaine quotidienne : des étudiants qui rentrent chez eux, des familles avec leur pique-nique, des cadres entre Rabat et Casablanca. Quelqu’un vous aidera presque toujours à hisser une valise sur le porte-bagages, et il est normal qu’on vous propose de partager les en-cas que vos voisins déballent. Les voitures du matériel moderne sont climatisées ; un chariot ou une voiture-bar assure café et eau sur les trajets plus longs, même s’il est judicieux d’emporter sa propre bouteille en été. Les annonces sont en arabe et en français : gardez donc un œil sur les panneaux de gare ou la carte de votre téléphone à l’approche de votre arrêt — les quais sont clairement nommés et les arrêts assez longs pour que vous ne soyez pas pressé.
Des habitudes simples en gare pour voyager sans accroc
Les gares marocaines — surtout les nouvelles, rutilantes, de Casablanca, Rabat, Tanger et Marrakech — sont faciles à parcourir. Quelques petites habitudes suffisent à tout fluidifier :
De quoi trouver votre quai tranquillement et prendre un café. Les quais de l’Al Boraq comportent un contrôle des billets avant l’embarquement : prévoyez donc quelques minutes de plus.
La même règle de bon sens que dans n’importe quelle gare fréquentée d’Europe : les bagages sur le porte-bagages au-dessus de votre siège ou à vos pieds, les objets de valeur sur vous. Les petits vols sont rares dans les trains, et c’est ainsi qu’on les évite.
Vous atterrissez à Marrakech et partez pour Fès dans trois jours ? Achetez ce billet pendant que vous êtes déjà en gare — cela prend deux minutes et écarte toute mauvaise surprise de week-end férié.
Des petits taxis attendent devant chaque grande gare. Demandez le compteur ou convenez du tarif avant de partir — notre guide d’arrivée à Marrakech indique les tarifs habituels et la même logique s’applique dans les gares.
Au-delà du rail : bus et grands taxis
Là où s’arrêtent les rails, les excellents bus interurbains marocains prennent le relais. Supratours — la branche autocars de l’ONCF — est conçue pour assurer la correspondance avec les trains : arrivez à Marrakech par le rail, puis poursuivez en Supratours vers Essaouira (environ trois heures) ou Agadir. CTM est l’autre opérateur national fiable, avec des autocars modernes, des étiquettes à bagages et des horaires fixes réservables en ligne. Pour Chefchaouen, les bus depuis Tanger ou Fès sont l’itinéraire habituel. Les grands taxis (Mercedes ou minibus collectifs assurant des liaisons interurbaines fixes) comblent les derniers vides — payez deux places si vous voulez l’avant pour vous seul. Entre les trains, Supratours et CTM, vous pouvez traverser tout le pays confortablement sans jamais louer de voiture.
Rester connecté en chemin
Une place côté fenêtre est meilleure avec des données. Il ne faut pas compter sur le Wi-Fi à bord au Maroc, mais la couverture 4G le long des principaux corridors ferroviaires est bonne — un forfait de données local vous donne donc cartes en direct, confirmations de billets et appels vidéo vers la maison depuis votre siège. Une eSIM est le moyen le plus simple d’y parvenir : installez-la avant de partir et vous êtes en ligne dès l’atterrissage, sans file d’attente en boutique. Les forfaits Stay Safe Morocco démarrent à 9 $ pour 10 Go, avec des options 15 Go et 20 Go pour les séjours plus longs.
La connectivité est aussi votre filet de sécurité discret. Avec l’ application Stay Safe Morocco, un geste sur SOS compose le bon numéro d’urgence local et enregistre votre position GPS exacte — rassurant lorsque vous êtes quelque part entre deux gares et que les noms de villes vous sont inconnus. Et comme l’essentiel fonctionne hors ligne, les numéros d’urgence du Maroc sont toujours dans votre poche, même dans une zone sans réseau :
En résumé
Les trains au Maroc sont bon marché, confortables, pittoresques et faciles — l’une des expériences de voyage les plus sous-estimées du pays. Construisez votre itinéraire autour de la colonne vertébrale ferroviaire, réservez l’Al Boraq pour le corridor Tanger–Casablanca, laissez Supratours et CTM s’occuper de la côte et des montagnes, et vous circulerez au Maroc avec la même aisance que les habitants qui partagent votre voiture. Le train récompense ici exactement l’état d’esprit que nous recommandons pour tout le pays dans notre guide de sécurité au Maroc: un peu de préparation, puis détendez-vous et profitez du trajet.
Foire aux questions
Les trains au Maroc sont-ils sûrs pour les touristes ? Oui. Les trains marocains sont largement utilisés par les familles, les étudiants et les voyageurs d’affaires, et les incidents touchant les touristes sont rares. Appliquez le bon sens habituel en gare — gardez votre sac en vue et prenez les taxis officiels aux sorties — et le train devient l’un des moyens les plus tranquilles de parcourir le pays.
À quelle vitesse roule l’Al Boraq ? L’Al Boraq atteint 320 km/h sur son tronçon à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, reliant Tanger à Casablanca en environ deux heures dix — contre cinq à six heures par la route.
Peut-on prendre un train de Marrakech à Chefchaouen ou Essaouira ? Non — aucune de ces deux villes n’est desservie par le rail. Prenez le train jusqu’au terminus, puis passez à Supratours (qui assure la correspondance directe avec les trains, dont Marrakech–Essaouira) ou aux bus CTM. Pour Chefchaouen, des bus partent de Tanger et de Fès.
Faut-il réserver les billets de train marocains à l’avance ? Pour l’Al Boraq et pour voyager le week-end ou pendant les fêtes marocaines, il est judicieux de réserver un ou deux jours à l’avance via l’application ONCF, le site web ou un guichet en gare. Sur les lignes classiques plus calmes, vous pouvez généralement acheter un billet peu avant le départ.
La première classe en vaut-elle la peine dans les trains marocains ? En général, oui — elle coûte à peine plus cher et garantit une place réservée dans une voiture plus calme, ce qui compte sur les lignes classiques très fréquentées comme Casablanca–Marrakech. Sur l’Al Boraq, les deux classes sont réservées et confortables : la seconde offre donc un excellent rapport qualité-prix.
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